mardi 23 janvier 2007

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En juillet 2006, Steve Jurvetson a publié dans Technology Review un court essai intitulé "The Dichotomy of Design and Evolution", repris sur son blog quelques jours plus tard, avec le sous-titre "The two processes for building complex systems present a fundamental fork in the path to the future".

Le sujet me préoccupe en dilettante depuis mon adolescence et je me suis bâti peu à peu un cadre de réflexion ) propos de ce sujet qui semble être diamétralement opposé à la façon que Steve considère le problème.

Ici Evolution est l'évolution biologique. Un sujet bien défini.

Mais quid de Design ? C'est bien le dessin façon dessin industriel qui préoccupe Steve, utilisé pour la production de systèmes complexes, dont l'Intelligence Artificielle, il sous-titre : "The two processes for building complex systems are fundamentally different."

Mon idée est que le dessin est une forme de processus évolutif analogue à ce que l'on observe pour l'évolution biologique. Mais qui est posé dans la noosphère plutôt que la biosphère et concerne les mèmes plutôt que les gènes.

Il y a une différence essentielle entre les deux processus, l'évolution biologique nécessite la concrétisation matérielle des objets évoluant, tandis que l'évolution des idées procède essentiellement par la manipulation d'objets fictifs, ce qui représente une énorme économie de moyens.

Le stockage et le traitement de l'information a été longtemps limité aux acides nucléiques, et elle a emprunté les chemins de transmission soit vertical (héréditaire) soit horizontal (de moins en moins avec l'augmentation de la complexité des organismes) et parfois "par la bande" par l'intermédiaire des virus, qui redistribuent leurs "emprunts".

Le stockage d'information dans le cerveau, le long de la vie d'un individu, constiuant un corpus de connaissances personnelles, a abouti à un autre mode de transmission, de cerveau à cerveau. La info/biosphère a traversé une singularité au moment où l'information a commencé à être transmise d'un cerveau à l'autre, s'affranchissant du support direct des acides nucléiques. L'information a élu résidence secondaire dans les mèmes, tout en gardant les gènes comme résidence principale. Le mode de transfert à changé également, devenant essentiellement horizontal, passant d'un individu à l'autre, se répliquant à moindre frais. Le mode de transmission a évolué progressivement, passant de l'imitation simple, à l'imitation jeu, puis par une nouvelle singularité, le langage. La codification de l'information en mèmes qui pouvaient être reproduits/transmis avec une meilleure efficacité, minimisant l'effet des mutations délétères. Un autre changement qualitatif majeur vient avec l'écriture, qui permet aux mèmes de devenir indépendants des individus qui les produisent, augmente leur longévité et facilite leur dispersion géographique. Il n'est plus besoin de déplacer un "cerveau" il suffit de déplacer un texte. Ici aussi il y a changement de support, mais c'est une de ces phases précoces, l'évolution des mèmes ne peut se faire sur le nouveau support. Avec d'une part le développement de la théorie de l'information et d'autre part l'informatique, les premières étapes de traitement/ modification des mèmes commence à se faire sur des supports qui ne sont pas biologiques, mais d'origine biologique encore et qui ne sont pas encore autonomes, dans le sens où l'intervention d'un biote est encore nécessaire.

Nous marchons vers la prochaine singularité, nous l'anticipons et nous travaillons pour qu'elle puisse avoir lieu, vers l'affranchissement complet de l'information de la biosphère, vers les intelligences artificielles. A ce moment là deux mondes se placeront côte à côte, la biosphère à côté de la ?-sphère, comme par le passé l'inanimé s'est retrouvé avec un nouveau voisin, les biotes.

J'ai commencé une discussion avec Steve à ce propos, mais je n'avais pas l'esprit à ça. Depuis hier je m'y suis remis et comme je me sens nettement mieux face au sujet je reprend la route.

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