mercredi 24 janvier 2007

Design

Revenons vers le sujet initial. La différence Evolution/Design.
Et commençons par un constat simple. Le Design apparaîtrait après les mèmes et il serait intimement lié avec.
Pas de mèmes, pas de Design. Le produit de tout Design est un agglomérat de mèmes et est un mème lui-même ! (j'adore l'homonymie mème - même)



Je n'essaierai pas d'argumenter ici à propos de l'instant précis dont nous pouvons parler de dessin, de conception. Je pense que les stratégies de chasse en font partie, ce qui élargirait le sujet bien en dehors de l'espace des primates. Mais ce n'est pas vraiment important d'assigner une origine précise.
Ce qui est important c'est de se rendre compte que lorsque l'on aborde la conception de quoi que ce soit on ne fait que manipuler des mèmes. C'est vrai quel que soit le domaine d'application, en partant des plus vieux, comme la littérature, et en arrivant aux plus récents, la conception des IA.

Les mèmes sont des objets qui peuvent évoluer soit chez un individu unique, qui est en train de réfléchir pour trouver la solution à un problème, soit lors d'échanges interindividuelles. De ce point de vue là il n'y a pas de différences par rapport aux gènes (ceux qui viennent de penser que les gènes n'évoluent pas chez un individu peuvent réfléchir aux gènes codant pour les immunoglobulines qui passent peur temps à recombiner; et au système de sélection qui a été mis en place pour contre-sélectionner les clones producteurs d'auto-anticorps ! mutation/sélection). Nous ne sommes pas au niveau de l'évolution des espèces mais il y a bel et bien processus évolutionnaire.

Intelligent Designers

Récapitulons :
Avec l'apparition des biotes des packs contenant de l'information, les gènes, apparaissent et ils persistent et il est à espérer que nous serons là après l'apparition des IA.



Les mèmes apparaissent avec le développement de systèmes nerveux aptes à les porter et leur permettre d'évoluer et ils sont de plus en plus présents aux côtés des gènes. Ce n'est que récemment que les mèmes ont trouvé un environnement en dehors des biotes où ils ont pu d'abord être stockés puis entamer une période où leur évolution ne dépend plus entièrement des gènes.
Il y aune observation qui est importante pour un biologiste, qui ne semble pas être tout à fait dans le sujet. Nous avons commencé à modifier les gènes intentionnellement , en fait, les mèmes ont commencé à modifier les gènes !
La relation gènes/mèmes a changé, ils rentrent en symbiose.

next step

La prochaine étape, attendue est le sujet à la base de l'essai de Steve : les Intelligences Artificielles.



Je n'aime pas particulièrement le terme. Je suppose qu'il s'agira bel et bien d'intelligences, mais je me demande si elle seront aussi artificielles que l'ego collectif d'H. sapiens le souhaiterait. Gardons le terme pour l'instant.
Qu'est-ce qu'on anticipe ? Une autonomie d'entité(s) aptes à faire évoluer les mèmes indépendamment des biotes qui ont été leur premier environnement ! Les mèmes affranchis des gènes. :-)

step #5

L'informatique est arrivée pour prendre la relève pour le traitement des textes mèmes. Il y a une différence qualitative substantielle entre un support inerte et un ordinateur, qui peut disposer d'instructions pour traiter les mèmes auxquels il a accès. Il est capable de modifier un peu les mèmes, il leur permet d'évoluer, doucement. Et il peut les transmettre en retour, ou les diffuser vers d'autres machines.

Les mèmes commencent à évoluer en dehors des supports biologiques, dans un espace qui a été produit par les biotes.
Pour signifier ce changement j'ai opté pour un trait en pointillés, blanc, 1px.

step #4

La prochaine étape qui me semble vraiment importante elle a eu besoin de pas mal de temps pour arriver. Il faut en fait attendre que H. sapiens invente le langage, la tradition orale et finisse un jour par prendre note de ce qui était dit.



Que ce soit des notes commerciales, ou des histoires diverses en hiéroglyphes, ou des notes sur son papyrus, papier, ou autre support importe peu. C'est du texte. Les mèmes changent de support et peuvent dorénavant être transmis sur un support qui pour eux est inerte. Il les porte, mais ne peuvent évoluer là-dessus, ils doivent faire des aller retour vers ceux qui les y ont inscrits. Vous voyez la nuance ? Elle est importante. Nous aurons la possibilité d'en discuter longuement.

mardi 23 janvier 2007

step #3

Bien sûr les systèmes nerveux ont évolué (de façon bien darwinienne, qu'on se le dise) et il y en a eu des plus complexes qui sont apparus, qui peuvaient stocker plus que des réflexes, ils pouvaient stocker et (éventuellement) traiter des idées. Des mèmes. Le changement est important du point de vue du type d'information qui est mise en cause, mais pas du point de vue du support, qui n'est après tout qu'un système nerveux un peu plus compliqué que celui vu à l'étape #2.
Donc j'ai symbolisé ça par le petit trait horizontal, en pointillé, blanc, 1px.



Des mèmes donc qui font leur apparition et dans un environnement où ils pourront évoluer.
J'ai fait une petite note aussi, au sujet des esprits (minds) qui sont dès lors présents.

step #2

Pour faire d'une longue histoire un petit paragraphe, les changements s'accumulant, un jour on s'est retrouvé avec un organisme qui avait ce que l'on peut appeler un système nerveux, des cellules spécialisées au traitement de l'information, réagissant à des stimuli divers et variables et aptes à susciter un réponse. Gardons les chose simples à ce niveau, c'est un système nerveux qui ne peut stocker que des réflexes. Vraiment pas grand chose.
On ne peut pas parler d'idées, mais il y a déjà eu production d'un type d'objets qui savent manipuler de l'information.



L'étape est quand même importante, on a un système qui est capable d'être modifié par un flux d'information, voir stocker une façon standard pour la traiter, sans être obligé de traverser une génération pour que les modifications deviennent apparentes. J'ai symbolisé ça par le petit trait horizontal, plein, blanc, 2px :-P.

step #1

Au début il y avait... Je n'en sais rien, du tout début. En fait mon histoire commence après le premier gène; même pas bestiole, un gène suffirait, se promenant tout seul. Puis il y a eu plein d'autre gènes (un gène ça se duplique sinon ce n'est pas un gène dans le sens utilisé ici).
Les gènes portent de l'information, comment faire un autre gène, identique ou avec des petites modifications, des défauts de fabrication. Ces changements, ces mutations, qui lui tombent dessus sans qu'il ait demandé quoi que ce soit, finissent par le faire changer. Il évolue.

L'information dont il était porteur évolue en même temps. Nous n'en somme pas encore à l'évolution biologique, mais certaines bases sont posées, surtout la fameuse (enfin, j'espère qu'elle le deviendra un jour) : "Evolution happens, just like shit".

starter

En juillet 2006, Steve Jurvetson a publié dans Technology Review un court essai intitulé "The Dichotomy of Design and Evolution", repris sur son blog quelques jours plus tard, avec le sous-titre "The two processes for building complex systems present a fundamental fork in the path to the future".

Le sujet me préoccupe en dilettante depuis mon adolescence et je me suis bâti peu à peu un cadre de réflexion ) propos de ce sujet qui semble être diamétralement opposé à la façon que Steve considère le problème.

Ici Evolution est l'évolution biologique. Un sujet bien défini.

Mais quid de Design ? C'est bien le dessin façon dessin industriel qui préoccupe Steve, utilisé pour la production de systèmes complexes, dont l'Intelligence Artificielle, il sous-titre : "The two processes for building complex systems are fundamentally different."

Mon idée est que le dessin est une forme de processus évolutif analogue à ce que l'on observe pour l'évolution biologique. Mais qui est posé dans la noosphère plutôt que la biosphère et concerne les mèmes plutôt que les gènes.

Il y a une différence essentielle entre les deux processus, l'évolution biologique nécessite la concrétisation matérielle des objets évoluant, tandis que l'évolution des idées procède essentiellement par la manipulation d'objets fictifs, ce qui représente une énorme économie de moyens.

Le stockage et le traitement de l'information a été longtemps limité aux acides nucléiques, et elle a emprunté les chemins de transmission soit vertical (héréditaire) soit horizontal (de moins en moins avec l'augmentation de la complexité des organismes) et parfois "par la bande" par l'intermédiaire des virus, qui redistribuent leurs "emprunts".

Le stockage d'information dans le cerveau, le long de la vie d'un individu, constiuant un corpus de connaissances personnelles, a abouti à un autre mode de transmission, de cerveau à cerveau. La info/biosphère a traversé une singularité au moment où l'information a commencé à être transmise d'un cerveau à l'autre, s'affranchissant du support direct des acides nucléiques. L'information a élu résidence secondaire dans les mèmes, tout en gardant les gènes comme résidence principale. Le mode de transfert à changé également, devenant essentiellement horizontal, passant d'un individu à l'autre, se répliquant à moindre frais. Le mode de transmission a évolué progressivement, passant de l'imitation simple, à l'imitation jeu, puis par une nouvelle singularité, le langage. La codification de l'information en mèmes qui pouvaient être reproduits/transmis avec une meilleure efficacité, minimisant l'effet des mutations délétères. Un autre changement qualitatif majeur vient avec l'écriture, qui permet aux mèmes de devenir indépendants des individus qui les produisent, augmente leur longévité et facilite leur dispersion géographique. Il n'est plus besoin de déplacer un "cerveau" il suffit de déplacer un texte. Ici aussi il y a changement de support, mais c'est une de ces phases précoces, l'évolution des mèmes ne peut se faire sur le nouveau support. Avec d'une part le développement de la théorie de l'information et d'autre part l'informatique, les premières étapes de traitement/ modification des mèmes commence à se faire sur des supports qui ne sont pas biologiques, mais d'origine biologique encore et qui ne sont pas encore autonomes, dans le sens où l'intervention d'un biote est encore nécessaire.

Nous marchons vers la prochaine singularité, nous l'anticipons et nous travaillons pour qu'elle puisse avoir lieu, vers l'affranchissement complet de l'information de la biosphère, vers les intelligences artificielles. A ce moment là deux mondes se placeront côte à côte, la biosphère à côté de la ?-sphère, comme par le passé l'inanimé s'est retrouvé avec un nouveau voisin, les biotes.

J'ai commencé une discussion avec Steve à ce propos, mais je n'avais pas l'esprit à ça. Depuis hier je m'y suis remis et comme je me sens nettement mieux face au sujet je reprend la route.

hello world

Ce n'est pas une "théorie", ça ne le deviendra probablement jamais, mais c'est un sujet trop à part de mes préoccupations ordinaires pour l'inclure dans l'un ou l'autre de mes blogs.

C'est en dehors de mon domaine de compétence, donc je risque de raconter des conneries à la pelle, mais vous êtes prévenus, donc pas de plaintes.

Si vous avez quelque chose à dire, une objection,, un commentaire, une idée à ajouter surtout n'hésitez pas.
Même si vous pensez que l'idée dans son ensemble devrait partir à la poubelle n'hésitez pas à dire pourquoi ! Je ne la mettrais peut-être pas à la poubelle de suite, mais je vais considérer votre opinion.

Le tout est sous CC-by-nc-sa, y compris vos commentaires ! Si vous n'êtes pas d'accord, eh bine, ne commentez pas.

Si vous êtes du genre timide et n'osez pas commenter en ligne ou s'il y a une aautre raison pour me contacter par e-mail, utilisez cette adresse : oldcola {at} gmail {dot} com.

Si vous ne me connaissez pas et que vous avez envie d'avoir une idée du combien je prends au sérieux le sujet, regardez cette vidéo; ça en dit long. Donc, ma théorie au sujet des brontosaures... ;-)